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Espace perso de Paul-Henri Barillier

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07 giugno

Parlons Net reçoit Paul Jorion : avec clarté, pertinence et humour, ce que nous ne voulons pas entendre

 
Parlons Net reçoit Paul Jorion - 5/6/09
envoyé par francemusique. - L'info internationale vidéo.

 

Le blog de Paul Jorion, cliquez sur le lien : http://www.pauljorion.com/

21 maggio

qawwali flamenco faiz ali duquende poveda chicuelo

 
10 maggio

Croissance pour rien

Passées les années 70, le sentiment de bien-être

a décroché de l’accroissement du PIB par habitant

Cela valait-il le coup de construire le déluge ?

 

   Paradoxe des temps modernes. Les extraordinaires avancées des sciences et des techniques ont permis à l’humanité d’accumuler un savoir faire et une capacité de production à même de satisfaire la plupart de ses besoins, et pourtant cette richesse potentielle, loin de se traduire par l’accomplissement des promesses du progrès, s’accompagne aujourd’hui d’une inégalité toujours accrue, d’une énorme demande sociale non satisfaite, et d’une pression croissante sur les conditions d’existence au nom du sacro saint rendement compétitif. Mais rendement de quoi ? Loin de permettre de libérer l’homme, l’intelligence, les énergies mobilisées, les efforts consentis, englués dans un système devenu inefficace, inadapté et dangereux, conduisent l’humanité à sa perte. Le système économique - dont la structure est un archaïsme hérité des temps obscurs où la rareté dominait - poursuit sa trajectoire aveugle et insoutenable qui nous rapproche inexorablement de l’épuisement des ressources primaires, et de la dévastation de notre planète. « Prosperity Without Growth ? » est un ouvrage (disponible gratuitement en ligne) publié par la Commission du Développement Durable, une agence gouvernementale du Royaume-Uni, qui ose aborder de front cette question brulante. La croissance, telle que nous la pratiquons, est dans l’impasse. Il faut repenser à nouveaux frais nos modèles de développement, et renoncer à la religion du PIB. Cela implique-t-il un retour aux privations ? Nullement. Les études effectuées de par le monde montrent qu’une fois atteint un niveau de revenu situé entre la moitié et les deux-tiers de ce qu’il est aujourd’hui aux USA, le sentiment de bien-être n’augmente plus en relation avec l’accroissement des revenus. Renoncer à la croissance, ce pourrait donc être simplement renoncer au « toujours plus » du consumérisme, à la recherche vaine de la distinction par les colifichets du « je le vaux bien » narcissique. Une telle révolution, non seulement économique mais également culturelle, est possible, nous dit la Commission Britannique, qui indique en s’appuyant sur les travaux de l’économiste canadien Peter Victor que cela permettrait également de travailler moins. Nous publions ci-dessous la note de lecture de cet ouvrage rédigée par Charles Siegel pour Common Dreams, et fournissons le lien de téléchargement.

 

Par Charles Siegel, Common Dreams, 28 avril 2009

Quand une commission du gouvernement britannique publie un rapport appelant à mettre un terme à la croissance économique, il semble tout à coup que notre monde soit en pleine mutation. La croissance est l’objectif central pour les économistes depuis le début de la révolution industrielle. Aujourd’hui le professeur Tim Jackson, le Commissaire Economique de la Commission du Développement Durable du Royaume-Uni publie un ouvrage qui résume l’état actuel de nos connaissances sur la croissance économique et montre de façon convaincante qu’il faut y mettre un terme.

Nous avons tous entendu parler des effets de la croissance sur l’environnement, tels que l’épuisement des ressources et le réchauffement de la planète. L’opinion communément admise est que nous pouvons y faire face en adoptant des technologies plus efficace. Mais ce livre affirme qu’il n’existe pas de scénario plausible dans lequel le progrès technologique pourrait à lui seul réduire suffisamment les émissions de gaz à effet de serre si la croissance se poursuit à son rythme actuel. « La taille de l’économie mondiale est presque cinq fois supérieure à ce qu’elle était il y a un demi-siècle. Si elle continue à croître au même rythme, ce chiffre sera de 80 en 2100. » Les efforts déployés pour utiliser au mieux la technologie afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre seront vraisemblablement submergés par ce rythme rapide de croissance.

Si nous voulons sérieusement éviter les pires effets du réchauffement de la planète, nous devons aller au-delà de ce genre de solutions technologiques et repenser la croissance économique elle-même.

Mettre un terme à la croissance économique n’implique pas pour autant faire des sacrifices. Les données montrent que, au-delà d’un certain point, la croissance n’entraîne pas un accroissement de notre bien-être. Par exemple :

-  Les comparaisons internationales sur la perception du bonheur indiquent que l’élévation du revenu par habitant est corrélée avec la perception du bonheur jusqu’à ce que le revenu atteigne un niveau situé environ entre la moitié et les deux tiers de ce qu’il est aujourd’hui aux États-Unis. Au-delà, il n’y a pas de corrélation entre l’augmentation des revenus et celle du sentiment de bonheur. Aux États-Unis et dans plusieurs autres pays développés, la hausse du revenu ne s’est pas traduite par une hausse de cette perception durant les dernières décennies.

-  Les indices qui pondèrent le PIB pour mesurer le bien-être avec plus de précision donnent des résultats similaires. Par exemple, l’Indicateur de progrès véritable(Genuine Progress Indicator) montre que, jusqu’aux années 1970, le bien-être des américains augmentait avec le revenu. Mais depuis lors le sentiment de bien-être a baissé, bien que le PIB par habitant ait continué à augmenter.

-  Les comparaisons internationales des autres mesures du bien-être, comme l’espérance de vie et la réussite scolaire, donnent également des résultats similaires. L’augmentation du revenu n’améliore plus le bien-être après que le revenu par habitant ait atteint environ la moitié de ce qu’il est aux États-Unis aujourd’hui.

Dans les pays développés, nous sommes arrivés à un point où la croissance économique ne nous apporte que peu ou pas d’amélioration. Mais la croissance menace de causer de grands dommages à nous-mêmes et au reste du monde, avec le réchauffement de la planète, l’augmentation du prix des ressources et le risque d’effondrement écologique.

Pourtant, il semble encore difficile de nous défaire de notre dépendance à la croissance. Le consensus est que la croissance est nécessaire pour réduire le chômage et promouvoir la stabilité économique. Comme on peut le constater au cours de cette récession, lorsque la croissance faiblit, les entreprises réduisent leurs niveaux d’investissement et licencient les travailleurs, rendant l’économie moins efficace et augmentant le chômage. On pense également que nous avons besoin de croissance pour faire face à des niveaux élevés de dette privée et publique.

En réponse à ces questions, l’ouvrage cite les études de Peter Victor, un économiste canadien qui a utilisé des modèles informatiques pour étudier la manière dont l’économie canadienne réagirait à un arrêt de la croissance. Les résultats se transforment de façon spectaculaire en modifiant les valeurs des variables macro-économiques telles que le taux d’épargne, les taux d’investissement public et privé, et la durée de la semaine de travail. Dans l’un des modèles testé, la fin de la croissance entraîne l’instabilité économique, un chômage élevé et une augmentation de la pauvreté. Avec d’autres paramètres, la fin de la croissance apporte la stabilité économique, une réduction de moitié à la fois du chômage et du taux de pauvreté, et une réduction du ratio de la dette au PIB de 75%. Ces différences dans ce deuxième scénario proviennent en partie d’un taux d’épargne plus élevé, d’un plus faible taux de l’investissement privé et d’un taux plus élevé de l’investissement public.

En outre, « le chômage est évité... en réduisant à la fois le nombre total et le nombre moyen d’heures de travail. La réduction de la semaine de travail est la solution structurelle la plus simple et la plus souvent citée au problème du maintien du plein emploi, avec une stabilité du niveau de production. » La fin de la croissance rendrait la vie plus facile en réduisant la quantité de travail que nous avons à fournir.

Il y a très peu d’études macro-économiques de ce genre, alors que d’évidence, il en faudrait beaucoup plus.

Le livre insiste en permanence sur le fait qu’une double approche est requise pour mettre un terme à la croissance : en plus de ces changements économiques, il est nécessaire qu’aient lieu des changements sociaux remettant en cause la place accordée aux valeurs matérialistes. On peut déplorer que l’ouvrage soit plus faible en ce qui concerne les changements sociaux que pour les changements économiques. Il appelle au passage d’une économie qui vise à l’opulence ou l’utilitarisme à une économie qui vise à l’épanouissement humain, mais il ne propose pas une vision convaincante de ce que la vie pourrait être dans une société où les gens ont un niveau de vie confortable et jouissent de temps libre en abondance pour développer leurs talents et de leur humanité dans toute la mesure du possible. Il existe une longue tradition philosophique à ce sujet, remontant à Aristote, mais ce livre, écrit par un économiste, n’est pas très convaincant en ce domaine.

Malgré cette limitation, « La prospérité sans la croissance ? » est le meilleur résumé disponible des enjeux économiques de la fin de la croissance. Il s’agit d’une lecture obligatoire pour tous ceux qui œuvrent pour éviter un effondrement écologique.

Le fait qu’il soit publié par une Commission du gouvernement britannique fait naître l’espoir que nous pourrions faire mieux que d’éviter simplement l’effondrement. Si l’on applique les suggestions de cet ouvrage, le monde à la fin de ce siècle serait meilleur qu’il n’est aujourd’hui, bénéficiant d’une grande prospérité, non pas consacrée à une vaine consommation, mais au bien vivre.

Sur le Web :

Commission du Développement Soutenable Britannique

Prosperity Without Growth ?

Publication originale Common Dreams, traduction Contre Info

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Comment assurer le développement durable, par Paul Jorion

Travailler plus... pour polluer plus ?

Entretien avec Serge Latouche

Serge Latouche : le pari de la décroissance

26 aprile

La dernière de Monsanto : une loi pour interdire les potagers des particuliers

 

De petites fermes ou des particuliers faisant pousser leurs légumes pourraient être placés sous la supervision directe du gouvernement fédéral

grâce à une nouvelle législation présentée au Congrès. La Résolution 875, a été présentée à la Chambre sous le nom de Acte de

Modernisation de la Sécurité Alimentaire 2009 en février par Rosa DeLauro dont le mari, Stanley Greenburg, dirige les recherches pour la firme

Monsanto - le leader mondial de la production d'herbicides et de semences génétiquement modifiées.

La nouvelle loi viserait à réduire les risques de contamination par la nourriture: bactéries, produits chimiques, toxines naturelles ou

artificielles, virus, parasites, prions et autres agents pathogènes pour l'homme.

Elle concernerait les établissement qui produisent, stockent, font transiter ou vendent toute catégorie de nourriture. Fermes agricoles et

aquacoles, ranches, vignobles seraient soumis à une stricte régulation gouvernementale.

Des experts de l'industrie alimentaire, mandatés par le gouvernement, pourraient venir demander de mettre au norme de petites exploitations,

causant des mises en faillite nombreuses.

La blogosphère s'agite et relève les risques suivants:

- Obama et son équipe cherchent-ils à tout nationaliser pour désarmer la population et contrôler la nourriture?

- Super ! C'est très "écolo" de la part d'Obama. Quel est son motif véritable?

- Ca va trop loin. La FDA autorise déjà bien assez de poisons dans notre nourriture.

- Si tu meurs de faim, tu ne pourras plus te défendre pour rester libre.

Celui qui contrôle la nourriture c'est celui qui fait les règles.

- Le gouvernement à peur de perdre de l'argent en impôt collecté. Imaginez les taxes perdues si tout le monde fait pousser ses légumes? Imaginez si

les gens coordonnaient leurs efforts entre amis, voisins et familles? En peu de temps, les gens pourraient manger le produit de leurs propres

efforts et vivre en autarcie.

- Ils veulent rendre dépendants du gouvernement. Ils veulent endetter mes arrière-arrière petits enfants, m'enlever mes armes, m'interdire toute

médecine parallèle. Nous avons besoin d'une révolution contre ce nouveau fascisme.

- Les mises aux normes seront excessivement chères pour les petits exploitants.

- Sans l'ombre d'un doute, ils confisqueront votre propriété en cas de risque de contamination ou si vous n'êtes pas aux normes.

- Ne perdez pas votre temps à raisonner les criminels de Washington. Tout cela se terminera en révolte sanglante.

- Plus je regarde cette loi en apparence inoffensive, plus je la déteste. C'est une façon lâche de pousser les petits exploitants à l'illégalité car

nombre d'entre eux feront le choix de ne pas se plier à la loi.       

 Plus d'info

WorldNet Daily.  26 mars 2009

Etre généreux est une forme de guerre . Alain Caillé

Cet entretien est paru dans Libération du 16 avril 2009

    L’homme n’est-il qu’égoïsme ? Depuis la fin du XVIIIe siècle, la pensée économique, qu’elle soit libérale ou marxiste, proclame que quiconque veut comprendre le fonctionnement des sociétés doit partir du principe que les individus ne sont mus, dans leurs comportements sociaux, que par leur seul intérêt.


A l’ « utilitarisme », le sociologue Alain Caillé, 65 ans, entend opposer les autres dimensions de l’action humaine en s’inspirant des travaux de l’anthropologue français Marcel Mauss, auquel la Revue du M.A.U.S.S. (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales), dont il est le fondateur et l’animateur, rend hommage jusque par son titre. Dans son dernier ouvrage, Alain Caillé pose les bases d’une théorie générale de l’action humaine
[1] . Rencontre.

Pourquoi une « sociologie générale », à l’heure où la sociologie préfère les objets particuliers ?

La sociologie générale constitue un héritage grandiose, où l’on retrouve les plus grands auteurs : Tocqueville, Marx, Weber, Durkheim, Simmel, Mauss ou encore Bourdieu, qui est probablement le dernier de cette tradition. Son but était de s’interroger sur la formation, le fonctionnement et la mort des sociétés humaines. La philosophie politique partage le même objectif, mais l’aborde sur un mode spéculatif, en « écartant tous les faits », comme disait Rousseau. Quant à la science économique, elle recourt à des situations théoriques (des robinsonnades) où l’intérêt économique est artificiellement isolé des autres moteurs de l’action. La sociologie générale ne méconnaît pas la puissance des intérêts individuels, mais, pour elle, c’est autre chose qui tient les individus ensemble. Tocqueville et Marx n’ont pas dit autre chose. Etudiant la société utilitariste par excellence que sont les Etats-Unis, le premier montrait qu’elle trouvait son fondement dans le religieux ; et il y avait chez le second l’idée que le capitalisme ne marche que par le fétichisme de la marchandise. De même, pour Durkheim, la religion est la manière dont la société se pense et se fabrique en s’adorant elle-même. Soucieux d’intégrer l’ensemble du matériau empirique produit par les différentes sciences sociales existantes, Durkheim avait réuni autour de lui une vingtaine de savants, à travers cette expérience unique qui s’appelait l’Année sociologique. Mon ambition, c’est de renouer les fils avec cette tradition-là, en essayant d’éclairer le point central : qu’est-ce qui motive les acteurs sociaux à agir, quelle est la place respective de l’intérêt et de ce qui échappe au registre de l’intérêt ?

C’est là qu’intervient la figure de Marcel Mauss et la critique de l’utilitarisme…

Bras droit de Jaurès, militant socialiste et associationniste, Mauss est le neveu et l’héritier intellectuel de Durkheim, donc de cette ambition de bâtir une sociologie générale, dont il va reprendre le flambeau après la première Guerre mondiale, dans l’optique revendiquée de dépasser l’utilitarisme. Au sens large, l’utilitarisme, c’est l’ensemble des conceptions du monde et de l’homme qui ne veulent connaître qu’une seule question : à quoi ça sert ? Au sens strict, c’est la doctrine inventée par Jeremy Bentham, à la fin du XVIIIe siècle, qui propose de fonder l’organisation des sociétés sur l’idée que ce qui anime les hommes, c’est la recherche du plaisir et l’évitement de la peine – leur « self intérêts » - et qu’il convient donc de les considérer comme des individus rationnels, calculateurs, indépendants. A la fin du XIXe, la sociologie est incarnée par l’utilitariste Herbert Spencer, précurseur de l’ultralibéralisme, qui fascine l’Europe. C’est pour réfuter l’utilitarisme que Mauss publie en 1924 l’Essai sur le don, où, rassemblant tout le savoir ethnologique de son temps, il montre que, dans les sociétés archaïques, la règle de base n’est pas le donnant-donnant et l’achat-vente, mais la triple obligation de « donner-recevoir-rendre ». Ce n’est pas une vision idyllique : se montrer généreux est une forme de guerre, on se bat pour être le plus généreux, mais c’est une guerre qui inverse la guerre et fait la paix. Dès lors, le don apparaît comme la matrice première des sociétés et, à travers lui, Mauss va découvrir l’importance du symbolisme : les sociétés sont intrinsèquement symboliques, il n’y a pas d’une part la réalité et d’autre part les symboles. Cette découverte va irriguer tout le structuralisme français, à commencer par Lévi-Strauss et Lacan, qui feront référence de façon explicite à Marcel Mauss.

Que prouve la théorie du don ?

Que les êtres humains ne sont pas des monades séparées, qu’ils vivent en interdépendances, que l’intérêt pour soi est traversé par l’intérêt pour autrui et que le rapport à autrui est aussi premier que le rapport à soi-même. Ces intuitions ont été confirmées depuis par l’éthologie ou les neurosciences, avec les théories de l’imitation ou de l’empathie. Si je regarde quelqu’un courir, les mêmes neurones vont s’activer dans mon cerveau que si je courais moi-même : on parlera alors de neurones-miroirs. On n’a pas tiré toutes les conséquences de l’Essai sur le don, c’est-à-dire du constat de l’obligation première de donner qui est faite aux êtres humains et de lutter pour être reconnus comme des donateurs. La sociologie générale, du coup, doit répondre à deux questions essentielles : la place respective de l’intérêt et du reste ; la place respective de la liberté et de l’obligation.

La rapacité à l’œuvre dans le capitalisme contemporain ne dément-elle pas la primauté du don ?

Si l’on estime que l’homme est exclusivement un animal économique, alors il faut dire que les sociétés où l’appât du gain ne prévaut pas masquent la vraie nature de l’homme et que le néo-libéralisme constitue la conclusion logique de l’Histoire. Sa vérité révélée.

Pour ma part, je crois que le moment dans lequel nous sommes ne doit pas nous égarer et que le moteur de l’homme a toujours été et reste la quête de reconnaissance, de la capacité à donner, d’être puissant, de montrer qu’on est splendide. Il se trouve juste que, depuis trois décennies, la modalité pour être splendide, c’est d’avoir une Rolex. En d’autres temps, chez les Grecs, être splendide, c’était mourir pour la cité. La rapacité actuelle n’est pas à elle-même sa propre explication et, ce qu’il faut se demander, c’est quel bouleversement symbolique a pu générer l’idée que la reconnaissance devait passer par la richesse économique.

Recueilli par Eric Aeschimann, Libération, jeudi 16 avril 2009.

[1] Alain Caillé, Théorie anti-utilitariste de l’action. Fragments d’une sociologie générale , La Découverte, 2009, 192 pp. Lien vers le MAUSS

02 marzo

Le Vilain tour joué au trous

Le vilain tour joué aux trous

Puisque le blog frère ResReï’s Blog consacre un diaporama à l’exposition “ Le trou du Colonel Gingouin”, il est peut-être l’heure pour détendre l’atmosphère de relire ce texte paru dans la revue Aleph n°4 sous la plume de Jean Pierre Klein : le tour du trou                                                                                                                       
10 L
a limite précède-t-elle ce qu'elle délimite ? Le limité ne limite-t-il pas tout autant la limite que le circonscrit ? Prenons un trou comme exemple (le verbe est métaphorique mais le trou peut être réel ou virtuel).
Contrairement aux opinions qui courent, c'est une affirmation qui manque totalement de fondement.

La question du trou ne peut se contourner si aisément, certains prétendent même qu'elle est sans limites. Sa profondeur naît du fait que le trou est lui-même lié au tour comme un anagramme à son anagramme. Agencement autre par déplacement d'r qu'il met à la périphérie, le tour est-il un avatar du trou, ou bien le trou s'incorporant l'r est-il un avatar du tour ? Qui est le premier ? Qui limite l'autre ? Qui l'imite ? L'r mobile ne comporte-t-il pas lui-même un trou, ne dit-on pas un trou d'r ?

Certes on ne peut faire le tour du trou que si le trou préexiste (argumentation de l'école du trou premier) mais le trou ne peut lui-même être que si une délimitation l'a fait naître (argumentation de l'école du tour premier). Tour et trou se renvoient vertigineusement à jamais leurs existences indissociables, tour et trou formant tout sans en avoir l'r ? (argumentation de l'école interactionniste). Touche-t-on le fond du trou quand on a fait le tour du fond ? (mouvement pro-fond). Quand le tour est joué, y trouve-t-on le trou là itou ? (tendance trouvère) ? Il se forma même un corps de bordeurs de trou pour tenter de résoudre cette interrogation métaphysique par une praxis. Soit un bordeur de trou face à l'espace. Son œil aiguisé y découpe imaginairement un trou de la dimension et de la forme qu'il juge les plus opportunes selon la qualité du fond sur lequel il isole cette forme. Cette découpe est-elle déjà bord ou ressent-il la nécessité d'ourler son tracé imaginaire ?

Le processus se déroule d'ailleurs différemment selon que l'espace choisi est plein ou vide : s'il est plein, le bordeur de trou doit en déduire du vide ; s'il est vide c'est alors du plein qu'il lui faut injecter pour faire trou. Les détracteurs de l'expérience ont argué que l'on ne faisait que transformer un problème de forme en un problème de fond. Tout devient alors affaire d'économie : comment transformer des fonds en y mettant les formes, ou en d'autres termes, les fonds se déforment-ils quand les formes se défont ? Et comme le dit la sagesse populaire, ou bien, ou encore, ou enfin.11

La question, qui confine au questionnement, du trou et de ses limites est en effet celle d'une vue plongeante sur la destinée de l'être humain dont la trajectoire s'inscrit précisément entre deux trous : le trou-mère et le trou-terre. A peine sorti du trou il faut qu'on y retourne et on ne l'a quitté que pour des re-trou-vailles. L'itinéraire n'est pas forcément linéaire et l'homme, ludion ludique, est la proie de bien des aspirations qu'il tente en vain de combler dans un jeu à toujours refaire.

On sait qu'entre le jeu et le je, s'étend l'espace d'un u. Si le jeu met à nu le je, c'est parce que se découpe dans ce nu, l'origine même, la lettre cachée, le x du pluriel auquel ce jeu singulier renvoie toujours. Le x c'est l'in-con-nu, ce con-nu dont nous débarquons tous pour, hommes volants essayant de contrôler un peu le parcours, descendre en chute plus ou moins libre, et, à la limite, finir par inéluctablement tomber dans une tombe, dans une vraie fosse.

Basculer dans le trou peut être d'ailleurs l'effet de l'effraction d'un trou, celui d'un projectile, comme si nous reproduisions alors, en notre corps, ce que notre corps tout entier va pratiquer dans la terre, comme si le trou dans la peau nous faisait mieux nous fondre dans la destinée commune du troupeau. Notre tout se dissout alors dans le trou mais certaines croyances prétendent qu'une nouvelle sortie du trou s'effectue ultérieurement pour un nouveau tour. Les limites ne seraient-elles que du mythe et notre vie une vis sans fin ?

De trou en trou limitrophe il nous suffit d'ajouter un pour construire notre, un e qui fait un nœud à nos fils pour un tour aux Parques. Les Parques, sans faire de trame, décousent tour à tour notre tissu avec une navette qui pour chacun ferait plusieurs voyages.

Notre route personnelle, notre auto-route serait ainsi un pointillé à lire entre les traits. Les traits de caractère ? Non : les traits de caractère ! Pas le caractère mais les caractères de l'écriture du récit de l'être humain.
20

En somme, la question est de savoir si le trou du bout est un trou sans fond, ou bien y-a-t-il rebond ? Bond après bond hors du trou, vie après vie ne seraient que sauts d'un trou à l'autre, tronçons, bouts de rubans de fente à fente, quand j'en sors j'y rentre dans une partie de trou-trou infini : un à l'endroit, un à l'envers, la broderie qui me borde, comme ma mère me bordait jadis avant que mon pied, dans la nuit, ne déborde le drap bien plié sous le sommier. Tu seras un homme mon fils et ta vie sera comme un pointillé qui mène chaque jour au lendemain. Ces jours bordés de nuits. Ces nuits comme le jour des dentelles qui n'existent que par ces vides interstitiels que le tissu habille. C'est de là que l'on est tissu. Le pointillé comme un point virgule, entre deux segments d'une seule phrase, fragments d'un ensemble qu'on ne peut jamais appréhender, blancs entre deux noirs, noirs entre deux blancs. Chemin de traverse, clous pour traverser d'une rive à l'autre. Ce qui est dessus succède à ce qui est dessous, et l'homme s'engouffre à nouveau, dans le verso de la feuille, devinant que, tôt ou tard, il réapparaîtra au grand jour depuis la nuit de l'autre côté du monde. Discours interrompu par du discours caché. Comme on voudrait voir, de ses yeux ouverts, ce qui s'inscrit par en-dessous ! Peut-être est-ce là la destinée de l'après-mort : se revisiter dans le négatif de ce qui s'est révélé au grand jour de la photo qui s'est transformée dans la chambre noire (interdit d'y entrer !) à laquelle on n'a pu avoir accès que sur le seuil : pour en récupérer les épreuves il suffit d'attendre le retour, en son temps, dans la camera oscura.

Qu'il nous soit juste maintenant donné à voir, à savoir, à voir ça, que la lumière s'accompagne tout au long d'un obscur indis-sociable.
A l'aboutissement de tous ces tours, nous voici enfin tous vertigineux, au bord du trou du monde, aspirés (à moins que nous soyons déjà dedans), aux confins, aux abords, aux alentours, aux limites mal délimitées de l'ultime trou noir dont on ne sait les proportions dans son tour de la matière et de l'antimatière qu'il délimite ni s'il n'est pas lui-même spéculé en un anti trou blanc.
Mais toutes ces spéculations risquent de déboucher sur le vide en un tourbillon, en une turbulence. La sagesse nous commande de ne pas nous laisser déborder et de ne pas jeter le bébé avec l'eau de la baignoire en prenant le problème par la bonde. Rester terre à terre, en tâchant, sans détour, de faire d'abord notre trou et de réussir au bout du bout à être parfois, sur cette terre-ci, une peu plantoir.

Le vide devant moi, le vide dedans moi, le vide qui n'est pas le manque, le vide qui n'est pas le néant, le vide, lieu de tous les possibles, le vide organisateur de ma rencontre des autres pleins de vide.

Le trou du monde nous troue de part en part mais son vide et notre vide confondus constituent la plénitude dont nous sommes avides.30

 

Ce texte signé Jean Pierre Klein est extrait de la revue Aleph n°4, le tour du trou

Crédit photographique ; Pascal Camus

Pierres de Lionel Schewzuck

03 febbraio

Les analyse du Sous-Comité décentralisé des gardes-barrières en alternance

 

 

Les analyses du Sous Comité décentralisé des gardes-barrière en alternance

 

image    Il m’arrive rarement de diffuser des communiqués sur ce blog, mais il y a dans celui là beaucoup de choses très justes qui emportent spontanément mon adhésion, voire mon enthousiasme ; l’être avant l’avoir, le sentiment diffus de l’émergence d’un système total-démocrate, et puis cela commence par citer Vaneigem…

Voici donc dans son intégralité le communiqué du Sous comité décentralisé des gardes-barrières en alternance, je vous le recommande

CTRL + clic pour suivre le lien :     garde-barrières

28 gennaio

Res Reï aujourd’hui

 

 La Galerie Res Reï aujourd’hui : Trois blogs complémentaires

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Resreï's Blog :    la prolongation naturelle de la Galerie Res Reï , nouvelles et dernières images des artistes fétiches de la galerie

http://resrei.wordpress.com      Link

Circulation Res ReïActualités Arts Plastiques en Limousin, portraits, découvertes, info boulot

http://res.rei.over-blog.com/      Link

Espace perso de Paul-Henri Barillier : selon l’humeur de votre serviteur, philo, économie politique, air du temps, images

http://paulhenribarillier.spaces.live.com

30 novembre

Super conso est à l'accro. ça commence

      

 

      Un employé de Wal-Mart piétiné à mort

lors de la ruée pour les soldes

29 novembre 2008

Un employé intérimaire de la chaîne de distribution américaine Wal-Mart a été victime de la ruée des clients lors du « Black Friday », la journée de soldes traditionnelles au lendemain de la fête de Thanksgiving. On peut certes lire ce fait divers comme une nouvelle illustration de l’inhumanité d’un monde où, comme le précise Bloomberg, la perspective d’acquérir un« GPS à 97 dollars » autoriserait toutes les bestialités. Mais aussi comme l’indice d’une angoisse nouvelle qui saisit les citoyens américains et n’augure rien de bon pour les temps qui viennent où la frustration, et peut-être le désespoir, répandront leurs vents mauvais sur une société dans laquelle la consommation ostensible occupait une place démesurée.

Contre Info, 29 novembre 2008

Un employé d’un magasin de la chaîne d’hypermarchés américaine Wal-Mart situé à Long Island, dans la banlieus de New York, a été piétiné et tué lorsqu’une foule de clients ont brisé la porte du magasin à l’ouverture d’une journée de soldes.

Walmart déplore le sort tragique de la victime, qui était un salarié temporaire et affirme que « la sécurité de nos clients et de nos « associés » [1] est notre priorité. »

Quatre clients au moins ont été blessés dans la ruée qui s’est produite dans un autre magasin proche de New York, a indiqué la police. Une femme enceinte âgée de 28 ans a été emmenée à l’hôpital pour observation, et trois personnes ont subi des blessures mineures, selon les services de police.

La victime décédée à Long Island, âgée de 34 ans a été renversée par la foule, peu après 5 heures du matin et emmenée dans un hôpital proche, où sa mort a été constatée à 6 heures du matin.

Elle était employée pour une agence d’intérim travaillant pour Wal-Mart.

Environ 2000 personnes s’étaient rassemblées à l’extérieur du magasin avant l’ouverture, selon la presse locale. Les employés avaient ouvert les portes extérieures et se préparaient à ouvrir la porte centrale, lorsque la foule des clients se pressant à l’entrée a fait céder les gonds.

Les autorités examinent les vidéos de surveillance et envisagent l’ouverture de poursuites, mais les clients présents sont difficiles à identifier.

Certaines personnes ont poursuivi leurs achats malgré les protestations des travailleurs excédés qui tentaient de les convaincre de quitter les lieux.

Le magasin a ensuite été fermé par la police, avant de rouvrir sous sa protection.

Les grandes surfaces, dont Wal-Mart, ont ouvert leurs portes dès minuit et soldaient leurs produits jusqu’à 70% au lendemain de Thanksgiving pour tenter de lutter contre une baisse prévue de la consommation durant la saison des fêtes, qui pourrait être la plus forte depuis des années.

Les détaillants ont offert des promotions exceptionnelles afin d’attirer les clients durant le « Black Friday », ainsi nommé parce que les commerçants y sont censés commencer à engranger des bénéfices après avoir réglé les factures de l’exercice précédent.

Le magasin où ce drame s’est produit offrait de nombreux produits soldés, y compris un lecteur de DVD à 128 dollars, un GPS à 97 dollars et appareil photo numérique à 69 dollars, indique le site web de Wal-Mart.

14 novembre

Petits aphorismes à usage familier

 

 

                                Anabasis,   Installation de Bernard Clarisse dans les souterrains de la galerie Res Reï

 

 

 

C’est peut-être parce que et au moment où

ils se retirent que l’ont reconnaît les dieux,

Si pas tous,

au moins ceux de la fertilité et de la germination

 

«  Celui qui n’a pas été jeté dans un sac en mer, ne sait  pas ce que c’est qu' il en est de  l’eau »

 

Proverbe Soufi

 

 

Le monde est à profusion, autant que de questions !

 

On ne se marie pas en famille

Ou en meurt, bleu.

 

 

"Personne n' a jamais su

que personne n' a jamais su

qu' il n' y avait jamais eu de porte"

 

Ronald Laing

 

 

 

Le dieu numérique est éclaté,

il s’habille de filets, de grilles,

dieu tisserand et langagier

il ne contient pas, il fur et il mesure.

 

 

 

 

 

"Si tu veux aller tu ne sais où

prends les chemins que tu ne connais pas"

 

ST Jean de la Croix

 

 

13 novembre

Alors la vie s’enroula....

 

                                                             morts soleil

     

 

Alors la vie s’enroula autour de la mort, et la mort autour de la vie

                                                                                            Le Crépuscule des Dieux

11 novembre

DU CHARME

          

  Vladimir Jankélévitch : Du Charme

Extrait de Vladilir Jankélévitch, Fauré et l'inexprimable (chapitre III, Du charme).
Paris, Plon 1974 [383 p., mus.,] p. 344-348

Le je ne sais-quoi

La maya vestida. Goya

Le charme est dans l'agent ce que la tranquillité d'âme est dans la conscience du patient; en sorte que si l' « acquiescentia animi » est un événement subjectif, le charme désigne, lui, cette mystérieuse propriété de l'objet musical à laquelle nous attribuons notre propre conversion à la paix. Le charme est essentiellement chose problématique, et chacun sait qu'il n'y a pas de recettes pour en avoir, l'idée même d'une « technique » du charme ayant, comme celle de charmeur professionnel, quelque chose de burlesque qui fait peine ; on ne peut à la fois avoir du charme et le dire, encore moins le professer. Le charme est une de ces qualités labiles qui, comme l'humour, l'intelligence ou la modestie, n'existent que dans la parfaite innocence et dans la nescience-de-soi [1]. C'est le cas de dire, avec Angelus Silesius : ce que je suis, je ne le sais pas ; et ce que je sais, je ne le suis pas. De cet impalpable il n'y a donc pas philosophie, sinon négative ou apophatique, les prédicats par lesquels on le qualifierait n'exprimant jamais que des privations : le charme est inexplicable ; le charme, en tant que qualité simple, est irréductible ; en tant que non subsumable sous un concept, il est indéductible ; le charme est indivisible ; le charme est indéfinissable, ne se définissant que par soi ; le charme enfin est inexprimable, c'est-à-dire à la fois indicible et ineffable. Quelque nature qu'on lui assigne (par exemple la grâce, le naturel ou la simplicité), il est toujours autre chose, pour la bonne raison qu'il n'est pas « chose », Res. En soi il n'est rien, et même il n'Est pas : fait de rien, comme on dit, il est luimême un pur Rien. Toujours autre que ce qu'il est, comme la liberté, le mouvement et la vie, il est aussi toujours ailleurs. Est-il plutôt dans le sourire, ou plutôt dans le regard ? En vérité le charme n'est pas plus localisable ou repérable que la musique de Fauré elle-même, dont nous montrions l'indifférence aux déterminations géographiques [2] et pittoresques où le tourisme est présent, le charme de l'innocence et de la spontanéité est absent. Le charme, étant inassignable, est l'alibi perpétuel. Comment un art où l'utopie dépayse sans cesse la topographie ne serait-il pas un art de charme ? « Nusquam est, quod ubique est », dit Sénèque. La musique de Fauré est la constante opération de cette insaisissable ubiquité qui est « nusquamité » ; elle est le mode d'exister de ce que nous appelions l'omniprésence omniabsente. De même encore que la musique n'est pas juxtalinéairement coextensive aux mots du texte qu'elle commente, mais en exprime le sens après coup par suggestion indirecte et générale, de même le charme échappe à toute dissection trop minutieuse : c'est pourquoi on le dit partout répandu, telle l'aura magique qui s'exhale de la Ballade en Fa dièse majeur, en baigne les arpèges et les trilles, en alanguit les captivantes modulations. Pas plus que le sens n'est dans les mots ou la pensée dans le cerveau (qui est pourtant son « organe »), le mystère évanescent du charme n'est quelque part dans l'objet charmant; le charme est la fascination de la présence, étant mystère non point d'essence abstraite, mais de parousie concrète, et il rayonne de cette présence expérimentée comme totalité psychosomatique, c'est-à-dire charnelle et spirituelle à la fois (il faudrait peut-être dire : «sarco-psychique» - mais c'est alors le mot qui n'aurait pas de charme !). Le charme récuse donc la question Où comme il élude la question Quoi. Le charme, qui ne tient pas à ceci-ou-cela, ne gît pas non plus ici-ou-là . Il est donc essentiellement évasif, - c'est-à-dire qu'il s'échappe, invisible et intangible, et pourtant toujours présent, comme le sont la musique et les parfums, qu'on ne peut ni voir ni toucher; il nous oblige à un jeu de cachecache irritant. Aussi arrive-t-il qu'en désespoir de cause l'intelligence, lasse d'analyser l'inanalysable, baptise du nom de Je-ne-sais-quoi ce résidu insaisissable et décevant qui est comme le parfum de l'esprit autour de l'existence ; tel est le « Yo-no-sé-que » de Jean de la Croix et le « despejo » de Baltasar Gracian, - car la mystique et la préciosité espagnoles s'entendent entre elles comme elles s'entendent avec la délicatesse de goût toute française d'un Montesquieu [3] pour établir au delà des concepts la présence d'un « carmen » ou mystère carminal qui n'est ni désignable ni assignable.

Cenescio quid évasif est à la fois aliquid et nihil; autrement dit il est quelque chose qui n'est rien, et qui est donc presque rien ; et en outre il est partout-nulle part ( ubique-nusquam), comme les lieux magiques et l'horizon chimérique et la patrie inexistante de la nostalgie musicale. Il se découvre subjectif au moment où on croit le surprendre dans l'objet, et redevient objectif quand on le cherche dans le sujet. Il n'est ni en soi seulement, ni seulement en nous, mais dans le passage transitif du sujet à l'objet; d'un mot : il n'est pas, mais il opère. «Carmen » est essentiellement une opération, comme la « factura » des magiciens : il n'est rien, mais il fait. Et au contraire la beauté sans charme ne fait rien, mais elle est : cette beauté se contemple et nous laisse médusés, mais non point captivés; nous l'admirons comme on admire une poupée sans vie ou une idole inexpressive, - car la beauté, précisément, n' « opérerait » que si elle avait en outre du charme. Kάλλος άργόν, la beauté paresseuse : - c'est ainsi que Plotin caractérise l'inactive beauté dénuée de cette Xάρις έπιθέουσα, de cet éclat vivant qui l'animerait, l'allégerait, l'élèverait dans les hauteurs ; προς  άγγοο... μεϊξον χουρ ζεται [4]. Même la sorte de charme froid que d'aucuns prétendent retrouver dans le Je-ne-sais-quoi du cinquième Concerto ou de la deuxième Mazurka de Saint-Saëns, ce charme froid, s'il est vraiment un charme, devrait être encore lumière et chaleur, φως et φέγγος ; le charme est cette radioactivité de la chose belle qui enveloppe le sujet et fait que l'objet, à son tour, n'est pas une morphologie nue, mais une présence vivante, mais une parousie ; l'objet ne tient plus dans la circonscription optique de sa forme, cependant que le sujet sort de lui-même parmanière d'extase; car le sujet « sous le charme » connaît déjà l'état de grâce de l'extase, - non pas l'extase où la conscience hypnotisée s'abîme à en mourir, mais l'extase des cœurs extasiés [5], ravis, «charmés», qui consentent l'un à l'autre et, consentant, se retrouvent chacun en soi-même. « Quand tu plonges tes yeux dans mes yeux, Je suis toute dans mes yeux [6] » La communion réciproque intensifie la vitalité respective.

        Roses ardentes
        Dans l'immobile nuit,
        C'est en vous que je chante
        Et que je suis.

Effusion et Infusion : de ce double courant est faite la Transfusion qui est l'opération du charme. Là où le courant ne passe pas, objet et sujet peuvent se regarder en chiens de faïence jusqu'à la consommation des siècles sans qu'il arrive rien : ni transformation intérieure ni événements spirituels. Dès que le charme « opère », une complicité intelligente se noue, comme dans le croisement des regards, entre l'opérateur et son patient : la conscience charmée, comblée, ravie, au lieu d'adorer stupidement sa belle Hélène, son mannequin de luxe qui est peut-être une Gorgone, cette conscience s'ouvre à l'Autre ; en sorte que le charme est aussi un état d'ouverture et, au sens propre, de « sympathie ». Pascal dirait sans doute que le chapitre du Charme est une pièce de l'Art de persuader...

Notes

1. Schelling, Zur Geschichte der neueren Philosophie. Werke, tome X, pp. 100-101 [retour au texte]

2. Lire à ce sujet une intéressante lettre de Fauré à Paul Poujaud (IX-1885), citée par Ph. Fauré, La genèse de « Pénélope », p. 13.[retour au texte]

3. Montesquieu, Essai sur le goût. Gracian, L'homme de cour, maxime 127 (cf. 6, 274) ; El heroe, I3 e excellence. Pascal II (Brunschvicg), fr. 162, et le chevalier de Méré. Cf. le P. Bouhours, Entretiens d'Ariste et d'Eugène (1671). [retour au texte]

4. Enn. VI 7,22. Cf. I 6, 1-2 [retour au texte]

5. F,n sourdine, C'est l'extase [retour au texte]

6. Jardin clos II (Quand tu plonges tes yeux). Chanson d'Ève III (Roses ardentes) [retour au texte]

références / musicologie.org

Génocide OGM

 

"Génocide O.G.M"

« Ce sont ces semences magiques qui l’ont étranglé. Ils nous vendent ces semences en nous disant qu’elles n’ont plus besoin de pesticides coûteux, mais ce n’est pas vrai. Nous devons acheter les mêmes semences aux mêmes compagnies chaque année. Ca nous tue. S’il vous plait, dites au monde ce qui se passe ici. »

 

 

Andrew Malone a rencontré les proches de Shankara Mandaukar, un cultivateur indien qui a choisi de mettre fin à ses jours, incapable de rembourser les dettes qu’il avait souscrites pour acheter des semences OGM. Certains estiment à 125 000 le nombre de paysans indiens qui auraient choisis eux aussi de mettre fin à leurs jours. Récolte après récolte, en raison des aléas climatiques mais également du rendement inférieur à ce que promettaient les vendeurs de semences, le fardeau de la dette accumulée a acculé ces hommes au désespoir.

Lorsque le Prince Charles a affirmé que des milliers de paysans indiens se suicidaient après avoir utilisé des OGM, il lui fut reproché de jouer sur la peur. En fait, comme le montre cette enquête, c’est encore pire que ce que l’on craignait.

Par Andrew Malone, Daily Mail, 3 novembre 2008

Les enfants étaient inconsolables. Prostrés dans le silence, sous le choc, et luttant pour retenir leurs larmes, ils se blottissaient contre leur mère, tandis que les amis et voisins préparaient le corps de leur père pour la crémation sur le bûcher embrasé, situé sur le sol craquelé et nu des champ derrière leur maison.

Tandis que les flammes consumaient le cadavre, l’avenir qui attend Gajanan, 12 ans et Kalpana, 14 ans est très sombre. Alors que Shankara Mandaukar avait espéré que son fils et sa fille auraient une vie meilleure grâce au boom économique que connaît l’Inde, ce qui les attend, c’est un travail d’esclave pour quelques centimes par jours. Désormais sans terre et sans toit, ils feront partie des plus pauvres, parmi les pauvres.

Shankara était un paysan respecté, un bon mari et un bon père, mais il s’est suicidé. Moins de 48 heures auparavant, et confronté à la perte de ses terres pour cause de dettes, il a bu un pesticide chimique.

Dans l’incapacité de payer l’équivalent de deux années de revenus, il était désespéré et ne voyait plus aucune issue

Sur le sol, on pouvait encore voir les traces qu’il avait laissées lorsqu’il se tordait, agonisant. D’autres paysans avaient regardé - sachant par expérience que toute intervention serait vaine - plié en deux sur le sol, hurlant de douleurs et vomissant.

Gémissant, il avait rampé jusque sur un banc devant sa petite maison située à 180 km de Nagpur en Inde Centrale. Une heure plus tard, tout son cessa et sa respiration s’est arrêtée. A 5 heures, ce dimanche la vie de Shandakar Mandaukar avait cessé.

Alors que les voisins se rassemblaient pour prier devant la maison familiale, Nirmanan Mandaukar, 50 ans, leur raconta comment elle était revenue précipitamment des champs pour trouver son mari mort. « C’était un mari aimant et attentionné » dit elle en pleurant. « Mais il n’en pouvait plus. L’angoisse psychologique était trop forte. Nous avons tout perdu. »

La récole de Shankara a été mauvaise deux fois. Bien sûr la famine et les épidémies font partie de la vieille histoire de l’Inde. Mais la mort de ce paysan respecté est due à quelque chose de bien plus moderne et sinistre : les plantes modifiées génétiquement.

On a promis à Shandakar comme à des millions d’autres paysans comme lui, des récoltes et des rentrées d’argent incroyables, s’il passait de la culture de semences traditionnelles à la culture de semences GM. Séduit par ces promesses de richesses futures, il a emprunté l’argent afin d’acheter des semences transgéniques. Mais les récoltes ne furent pas au rendez-vous et il se retrouva dans la spirale de l’endettement et sans revenu.

Shankara n’est qu’un de ces fermiers - on estime leur nombre à 125 000 - à se suicider à cause de cette offensive brutale qui utilise l’Inde comme champ d’essais pour OGM.

Cette crise appelée « Génocide OGM » par les militants a reçu un coup de projecteur lorsque récemment, le Prince Charles affirma que la question des OGM était « une question morale mondiale » et que le moment de mettre une fin à son avancée inexorable était venu.

S’adressant par vidéo à une conférence qui se tenait dans la capitale indienne New Delhi, il provoqua la colère des dirigeants des biotechnologies et de certains politiciens en condamnant « le taux vraiment effroyable et tragique de suicides chez les petits paysans indiens ayant pour cause... l’échec de nombreuses variétés d’OGM ».

En face du Prince, on trouve de puissants lobbyistes pro-OGM et des homme politiques importants qui prétendent que les plantes modifiées génétiquement ont transformé l’agriculture indienne en donnant des rendements plus élevés que jamais. Le reste du monde devrait choisir « l’avenir » et suivre cet exemple.

Alors qui dit la vérité ? Pour le savoir, je suis allé dans la « ceinture des suicides », dans l’état de Maharashtra.

Ce que j’ai découvert est extrêmement dérangeant et a de profondes implications pour les pays - y compris la Grande-Bretagne - où l’on débat pour savoir si on autorise ou pas la culture de semences manipulées par des scientifiques pour contourner les lois de la nature

Car même les chiffres officiels du Ministère Indien de l’Agriculture confirment que, dans un contexte de crise humanitaire immense, plus de 1000 paysans se suicident chaque mois.

Des petites gens de zones rurales, qui meurent dans une lente agonie. La plupart ingurgite de l’insecticide - une substance bon marché dont on leur avait pourtant promis lorsqu’ils furent obligés de cultiver des plantes GM coûteuses, qu’ils n’en auraient plus besoin.

Il apparaît qu’ils sont très nombreux à être endettés massivement auprès des prêteurs de fonds locaux, après avoir sur-empruntés pour acheter les semences OGM.

Pour les pro-OGM, les vraies raisons de ce chiffre épouvantable sont la pauvreté rurale, l’alcoolisme, les sécheresses et le « désespoir agraire ».

Mais comme j’ai pu le découvrir lors de mon voyage de 4 jours dans l’épicentre de la catastrophe, ce n’est qu’une partie de l’histoire.

Dans un petit village que je visitais, 18 paysans s’étaient suicidés après avoir été engloutis dans les dettes dues aux OGM. Dans certains cas, les femmes ont repris le ferme de leur mari défunt, mais pour finalement se suicider elles-mêmes.

Latta Ramesh, 38 ans but de l’insecticide, après une mauvaise récolte - deux ans après que son mari ne disparaisse lorsque les dettes OGM étaient devenues trop importantes. Elle a laissé un fils de 10 ans, Rashan, confié à des parents. La tante de la défunte, assise sans énergie à l’ombre près des champs, raconte « qu’il pleure lorsqu’il pense à sa mère ».

Village après village, des familles me racontent comment elles se sont endettées après qu’on les ait convaincues d’acheter des semences GM au lieu des semences de coton traditionnelles. La différence de prix est vertigineuse : 15 euros pour 100 grammes de semences OGM, par rapport à moins de 15 euros pour 100 kilos fois de semences traditionnelles

Mais les vendeurs ainsi que les représentants du gouvernement avaient promis aux paysans qu’il s’agissait de « semences magiques » avec de meilleurs plantes, sans parasites ni insectes.

En fait, dans une tentative pour promouvoir l’adoption des semences OGM, les variétés traditionnelles ont été interdites dans de nombreuses banques de semences gouvernementales.

Les autorités avaient un intérêt matériel dans la promotion de cette nouvelle biotechnologie. En essayant désespérément d’échapper à l’extrême pauvreté des années qui succédèrent à l’indépendance, le gouvernement avait accepté d’autoriser les nouveaux géants des biotechnologies comme le numéro un du marché, l’états-unien Monsanto à vendre leur nouvelles créations semencières

Déjà dans les années 80 et 90, l’Inde qui avait autorisé l’accès au marché du second pays le plus peuplé de la planète avec plus d’un milliard d’habitants, s’était vu garantir en contre-partie des crédits du fond Monétaire International, ce qui l’a aidé à lancé une révolution économique

Mais si des villes comme Mumbay et Delhi ont vécu un boum économique, la vie des paysans est retombée dans une période sombre.

Bien que la surface indienne plantée en OGM ait doublé en 2 ans - passant à 17 millions d’ha - pour de nombreux paysans, le prix à payer est terrible.

Les semences de coton GM, garanties protégées contre les parasites, se sont révélées ne pas être les semences magiques promises, mais ont été infestées par le vers de la capsule, un parasite vorace.

On n’avait pas prévenu les paysans non plus que ces variétés nécessitaient deux plus d’eau. C’est ce qui a fait la différence entre la vie et la mort. Avec l’absence de pluie, ces deux dernières années, les plantes GM ont tout simplement séché et sont mortes, laissant les paysans paralysés par les dettes et sans moyen pour les rembourser.

Comme l’argent a été emprunté à des prêteurs locaux à des taux d’usuriers, des centaines de milliers de petits paysans se sont vus perdre leurs terres lorsque les semences coûteuses ont été un échec.

Dans le passé, lorsqu’une récolte était mauvaise, les paysans pouvaient toujours conserver des graines et les replanter l’année suivante.

Par contre cela n’est pas possible avec les semences GM qui contiennent la technologie « Terminator », ce qui signifie qu’elles ont été modifiées génétiquement afin que la plante ne puisse plus produire de semences viables.

De ce fait, les paysans doivent chaque année acheter de nouvelles semences au même prix exorbitant. Pour certains il s’agit là aussi de la différence entre la vie et la mort.

Prenez le cas de Suresh Bhalasa, un autre paysan qui était incinéré cette semaine, laissant derrière lui une femme et deux enfants.

Lorsque la nuit fut tombée après la cérémonie et que les voisins se regroupèrent dehors, tandis que les vaches sacrées étaient ramenées des champs, il ne faisait aucun doute pour sa famille que tous les ennuis avaient commencé au moment où on les avait encouragés à acheter du coton Bt, une plante modifiée génétiquement par Monsanto.

« Nous sommes ruinés maintenant » dit la femme du défunt, âgée de 38 ans. « Nous avons acheté 100 grammes de coton Bt. Notre récolte a été mauvaise deux fois. Mon mari est devenu dépressif. Il est parti dans les champs, s’est allongé et a bu de l’insecticide. »

Les villageois le mirent sur un rickshaw et se dirigèrent sur des chemins ruraux cahoteux, vers l’hôpital. Alors que sa famille et les voisins s’amassaient dans la maison pour lui rendre un dernier hommage, elle racontait : « Il a crié qu’il avait pris de l’insecticide et qu’il était désolé ».

Interrogée pour savoir si le défunt était un ivrogne ou souffrait de « problèmes sociaux » comme l’affirment les responsables pro-OGM, cette assemblée calme et digne explosa de colère. Un des frères du défunt nous expliqua « Non ! Non ! Suresh était un brave homme. Il envoyait ses enfants à l’école et payait ses impôts ».

« Ce sont ces semences magiques qui l’ont étranglé. Ils nous vendent ces semences en nous disant qu’elles n’ont plus besoin de pesticides coûteux, mais ce n’est pas vrai. Nous devons acheter les mêmes semences aux mêmes compagnies chaque année. Ca nous tue. S’il vous plait, dites au monde ce qui se passe ici. »

Monsanto a reconnu que la croissance de la dette était « un facteur de cette tragédie ». Mais, en pointant sur le fait que la production de coton avait doublé ces 7 dernières années, un porte-parole ajoutait qu’il y a d’autres raisons pour la crise récente, comme « des pluies au mauvais moment » ou des sécheresses, soulignant que les suicides avaient toujours fait partie de la vie de l’Inde rurale.

Les responsables soulignaient aussi le fait que de nombreuses études d’opinions montraient que les paysans indiens voulaient des semences GM - sans aucun doute encouragés qu’ils sont par des stratégies de marketing agressive

Durant le cours de mes enquêtes au Maharashtra, je rencontrai trois observateurs « indépendants » parcourant les villages pour se renseigner sur les suicides. Ils insistèrent sur le fait que les semences GM n’étaient que 50% plus chères - mais admettaient plus tard que la différence était de 1000%.

(Un porte-parole de Monsanto insistait ensuite, affirmant que leurs semences ne coûtaient que le double du prix « officiel » des semences traditionnelles, mais admettait que la différence pouvait être beaucoup plus grande, si les semences traditionnelles étaient vendues par des marchands « sans scrupules » qui vendent souvent aussi de « fausses » semences GM qui sont sujettes aux maladies.)

Alors qu’il y des rumeurs comme quoi le gouvernement proposerait de façon imminente des compensations pour stoper la vague de suicides, de nombreux paysans disaient qu’ils ont un besoin désespéré de toute forme d’assistance. « Nous voulons juste nous sortir de nos problèmes. Nous voulons de l’aide pour que plus aucun d’entre nous ne doive mourir ».

Le Prince Charles était si frappé par la détresse des paysans qui se sont suicidés qu’il a lancé une association caritative, la Fondation Bhumi Vaardan, pour aider ceux qui sont touchés et afin de promouvoir des plantes biologiques indiennes au lieu des OGM.

Les paysans indiens commencent aussi à se battre. Alors qu’ils ont pris en hôtage des distributeurs de semences et organisé des protestations de masse, un gouvernement attaque Monsanto en justice à cause du prix exorbitant de ses semenes.

Tout cela arrive trop tard pour Shandakar Mandaukar qui devait 80 000 roupies (1 500 euros) lorsqu’il s’est suicidé. « Je lui ai dit que nous pouvons survivre » nous dit sa veuve, ses deux enfants toujours à ses côtés, alors que la nuit tombe. « Je lui ai dit qu’on trouverait un moyen de s’en sortir. Il a juste répondu qu’il valait mieux qu’il meure ».

Mais la dette ne meurt pas avec lui : à moins qu’elle ne trouve un moyen de la rembourser, elle ne pourra plus payer l’éducation des enfants. Ils vont perdre leur terre et rejoindre les hordes que l’ont voit mendier par milliers, le long des routes de ce pays immense et chaotique.

Il est cruel de voir que ce sont les jeunes qui souffrent le plus de ce « génocide OGM », cette même génération censée pouvoir sortir de cette vie dure et miséreuse, grâce aux « semences magiques ».

Ici, dans la ceinture indienne des suicides, le coût de l’avenir modifié génétiquement est meurtrièrement élevé.


Publication originale Daily Mail, traduction Les Amis de la Terre

Illustration : orphelins d’un cultivateur de la région de Vidarbha, dans l’état du Maharashtra

" Génocide O.G.M.

06 novembre

Alain Plouvier

 

Le site d'Alain Plouvier :

 http://www.alainplouvier.com/

                                                 Plouvier 2004

04 novembre

Klaus Nomi

Klaus Nomi, Cold Song, opéra F.Purcell
 
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Paul-Henri Barillier

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